6 Mai 2026
Mercredi soir, mon petit-fils, Meilik et sa compagne Alex, sont venus passer la soirée chez nous. Meilik termine sa deuxième année de Fac de maths-et-informatique et il m’a montré le texte d’une épreuve de maths imaginée par l’une de leurs professeurs.
L’évolution des outils qu’utilisent les étudiants aboutit à poser de graves questions sur les processus de notation fondés sur des épreuves qui peuvent, à partir d’un logiciel d’IA tournant sur un simple téléphone, être réalisées parfaitement et très rapidement.
Le professeur à l’imagination créatrice truffa l’énoncé de ses questions de choses incompréhensibles pour un outil d’IA car, d’une façon aléatoire, des chiffres ou des symboles mathématiques étaient remplacés par des mots du langage courant sans aucune logique et cohérence entre eux.
Résoudre le problème posé relevait, parfois, de la devinette pour remplacer ces étrangetés par de vrais nombres ou des symboles connus. Il semble bien que les outils d’IA ne furent, en effet, pas capables de traiter ça rationnellement et il n’y eut donc pas cette triche éhontée qui retire tout leur sens à ces salles d’examen où 300 étudiants planchent pendant 3 heures côte à côte, avec leur smart-phone à la main.
On est tenté de dire bravo … sauf que ça a aussi désarçonné pas mal d’étudiants qui auraient été capables de traiter les sujets sans tricher en recourant à l’IA.
On peut, bien sûr, s’interroger sur la légalité et l’équité de cette façon de faire.
On peut aussi et surtout s’interroger sur le fonctionnement d’un système qui n’est plus viable qu’en piégeant sa propre création … alors que les étudiants devraient surtout apprendre pour eux et l’utilisation qu’ils sauront faire ensuite de leurs acquis … au lieu de ne viser que la démonstration de ce qu’ils ont appris.
Faust vendit son âme à Méphisto pour pouvoir fabriquer de l’or, que les autres hommes n’arrivaient pas à produire par l’alchimie.
L’IA n’est-elle pas « le diable » auquel certains étudiants sont tentés de vendre leur âme ? Peut-on devenir plus malin que le diable ? … ou faut-il plutôt changer les règles d’un jeu qu’on ne maîtrise plus ?
Jean-Paul BOURGÈS 7 mai 2026