10 Septembre 2025
Depuis quelques mois les propos tenus par les dirigeants européens, la volonté évidente de Donald TRUMP d’éviter de s’opposer frontalement à Vladimir POUTINE, l’émergence de plus en plus évidente de la Chine comme première puissance mondiale et leader moral de l’ordre de la moitié du monde … tout cela eut pour résultat de nous habituer, peu à peu, à l’idée d’un possible retour d’une guerre à l’échelle mondiale.
Reprenons quelques points.
Aucun conflit visant le territoire d’un des membres « du club des nations nucléaires » n’est imaginable sans le recours à l’arme nucléaire … qui a pour conséquence inéluctable une cascade de rétorsions tellement destructrices, que c’est la vie sur terre qui serait détruite et non seulement tel ou tel des belligérants.
Cette idée est tellement acquise que c’est l’origine de l’absence de conflits armés directs, depuis trois quarts de siècle entre les pays dotés de l’arme nucléaire.
Les conflits régionaux sont nombreux et reposent sur la fourniture d’armes par les grandes puissances, choisissant chacune leur camp. Cela fait de nombreuses victimes, permet à nos industries d’armement de célébrer chaque année des records d’exportations … mais ne menace jamais la paix du monde … c’est-à-dire la nôtre.
La chute de l’Union Soviétique a été, stupidement, exploitée par l’Union Européenne et l’OTAN pour intégrer à marche forcée les pays du glacis occidental de la Russie (Jusque-là membres du Pacte de Varsovie). La guerre en Ukraine en découle directement et l’on a vu, hier, que les Russes sont allés chatouiller la Pologne pour tester les réactions que cela pourrait causer.
En 1962 l’Union Soviétique avait, ainsi, testé les réactions américaines en envoyant vers Cuba des fusées … parfaitement visibles sur le pont des navires qui les y apportaient. La réaction américaine, ferme mais sans bombardement des navires, conduisit l’Union Soviétique à faire demi-tour et, la guerre chaude recula pour revenir au stade de guerre froide, alors que les grands chefs militaires américains préconisaient l’usage de la force immédiate.
Nos responsables politiques actuels sont faibles et n’ont pas les capacités de réaction et de sagesse de leurs prédécesseurs … il me semble que le principal risque est là et ces bruits de bottes m’inquiètent.
J’écris ça un 11 septembre, presque un quart de siècle après la destruction des tours du World Trade Center de New-York. Le président américain de l’époque, George W BUSH y réagit en attaquant l’Afghanistan … et nous pouvons tous constater et déplorer le bordel sans nom qui en a résulté au Moyen-Orient et jusque dans chacun de nos pays.
Jean-Paul BOURGÈS 11 septembre 2025