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Ah ! Que c’était beau les colonies !

Lundi soir, en rentrant de mes activités liées au logement, j’ai vu, sur Arte, des images tournées au Vietnam liées au film « Indochine » de Régis WARGNIER. Je ne peux pas voir ou entendre parler de l’Indochine … que j’appelle, bien sûr, le Vietnam, sans penser à mon frère, Jacques ; à la place des colonies dans l’histoire de France et particulièrement dans celle de mes grands-parents ; à ma construction politique mais aussi affective en relation avec le Vietnam, l’Algérie et le Maroc.

Et c’est en l’illustrant de quelques photos que je vais en parler.

Puisque c’est le film « Indochine » qui m’a amené à ce billet, j’ai choisi deux photos.

La première montre mon frère, alors âgé de 23 ans, aux commandes de son Dakota lors de l’un des nombreux vols qu’il fit au-dessus du Tonkin pendant la guerre d’Indochine. Jacques fur le dernier pilote à décoller de la cuvette de Dien Bien Phu et il ramena son avion à sa base, percé de balles de DCA … ce qui conduisit le commandement à ne plus desservir le camp retranché que par des parachutages hors de portée de la DCA du général GIAP.

Ah ! Que c’était beau les colonies !

La seconde est une photo que j’ai prise en février 2010 dans une rizière de ce même Tonkin (Nous étions allés au Vietnam à l’invitation de Huong, que j’appelle « ma fille vietnamienne » et dont je m’étais occupé lors de ses études à Lyon), où l’on voit une école en pleine campagne avec comme cloche pour marquer le rythme de la vie scolaire, une bombe américaine qui n’avait pas explosé et qui, désormais, rappelle aux enfants que la paix passe par l’école.

Ah ! Que c’était beau les colonies !

Je fais ensuite un grand saut dans le temps et l’espace avec la photo de mon grand-père, Auguste BOURGÈS, en 1930 (Environ) le jour de son départ en retraite, à Tanger, après 25 ans à la tête de la police à Tanger. Arrivé à Alger sans autre formation que primaire en 1882, à l’âge de 16 ans, il avait gravi tous les échelons jusqu’au sommet du grade de commissaire … et il était emblématique de la présence de la France au Maghreb qui en avait fait « notre jardin ».

Ah ! Que c’était beau les colonies !

Ensuite, c’est une photo que j’ai prise en juillet 1971, à Ghardaïa, lors de notre voyage de noce que j’étais heureux de faire dans ce pays, redevenu libre, et où sont enterrés mes arrière-grands-parents (Les beaux-parents de mon grand-père, Auguste, qui, au côté de ma grand-mère, est enterré à Tanger où il vécut encore 26 ans après avoir pris sa retraite). Le frère de Maly faisait son service en coopération à Alger et nous avons parcouru l’Algérie avec Etienne et sa femme depuis Alger jusqu’aux oasis ainsi que le long de la côte et en Kabylie.

Ah ! Que c’était beau les colonies !

Ces quatre photos sont pour moi les jalons de cette présence française en Asie et en Afrique qui fut, je le pense profondément, une folie et un crime contre l’humanité car aucun pays n’est dans son droit en voulant assujettir par la force un autre pays au service de ses intérêts. Bugeaud, durant la conquête commit des crimes n’ayant rien à envier à ceux commis par les Nazis à Oradour-sur-Glane.

Mon frère faisait son métier de jeune pilote militaire … il participait, cependant, à une guerre injuste qu’après les Français et la débâcle de Dien Bien Phu, les Américains portèrent au summum de l’horreur en écrasant ce pays sous un tapis de bombe … qui ne les empêcha pas de devoir partir piteusement 20 ans plus tard.

Mon grand-père faisait respecter les lois, celles venues de France et celles du Royaume chérifien (Je connais plein d’anecdotes, comme celle où il dut surveiller une partie de cartes pour empêcher le futur roi du Maroc de tricher, comme il en avait l’habitude). Mais, ce faisant, c’est une mise en tutelle qui s’exerçait sur le Maroc.

Quant à l’Algérie, si chère à mon cœur et avec laquelle mes liens affectifs restent quotidiens, il était évident que 2 millions de Français étaient totalement illégitimes dans leur prétention à imposer notre volonté à plus de 5 fois plus d’Algériens.

L’indépendance d’un pays ne signifie pas, cependant, que tout s’y déroulera dès lors de façon idéale et l’Algérie en est la bien triste illustration … mais c’est bien à chaque peuple de choisir sa voie, dans le respect de ses valeurs et de ses intérêts. Je n’avais que 18 ans quand l’Algérie cessa d’être Française, malgré ces attaches personnelles avec le Maghreb d’avant, j’ai été satisfait de l’indépendance de l’Algérie.

Jean-Paul BOURGÈS 25 janvier 2022

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V
AH ! QUE C’ÉTAIT BEAU LES COLONIES !<br /> <br /> Notre longue amitié me permet de prendre ce titre de manière humoristique ...<br /> <br /> A bientôt.<br /> Amitié.
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J
Heureusement ... ! ! !