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Un quartier meurt … mais le cimetière renait

Le Beaujolais, dont Villefranche-sur-Saône est la localité la plus importante, nous a habitués à des conflits d’intérêts naguère racontés, avec la verve d’un buveur de Saint Amour, par Gabriel CHEVALIER dans « Clochemerle ».

Ce n’est plus à Clochemerle (Nom donné par l’auteur à Vaux-en-Beaujolais une petite commune de 1.000 habitants située au milieu des vignes), mais c’est à Villefranche-même que la nervosité est en train de monter.

Avec ses 37.000 habitants et comme dans beaucoup d’autres villes qui sont le centre d’un territoire rural peu irrigué par des transports en commun, le commerce de la cité caladoise (C’est comme ça que l’on appelle ce qui vient de Villefranche-sur-Saône) est handicapé par les problèmes de circulation et l’insuffisance des parkings en centre-ville.

La municipalité a donc décidé de transformer en parking l’un des rares espaces libres sur le bord de l’avenue du Promenoir … dont le nom dit bien son rôle traditionnel.

Un quartier meurt … mais le cimetière renait

Le trou sur l’emplacement prévu attestait de la proximité de la construction du parking espéré depuis longtemps.

Un quartier meurt … mais le cimetière renait

Jusqu’ici tout allait bien et les commerçants se réjouissaient de récupérer des clients qui ne vont plus que dans les centres commerciaux installés en périphérie.

Hélas pour les affaires, le quartier n’est pas près de revivre, car les sondages archéologiques réglementaires ont montré que dormaient à cet endroit 8.000 morts ensevelis dans un cimetière paroissial utilisé pour enterrer les Caladois du XIe au XVIIIe siècle.

Les passions se déchaînent donc comme on sait le faire en Beaujolais et chacun y va de ses déclarations définitives qui vont du « Je bétonnerai cela sans hésitation et les squelettes resteront en dessous » (Entre nous c’est un excellent moyen pour les maintenir là pour l’éternité) au « Il est hors de question de profaner un cimetière où sont nos ancêtres pour toujours ».

Bien entendu, derrière ces positions tranchées se cachent des ambitions politiques … comme à Clochemerle où il s’agissait de savoir si l’on soutenait ou contestait Barthélémy PIÉCHUT, le maire, qui voulait faire construire une pissotière tout près de l’église.

Ces morts étaient tellement oubliés que l'on commença à creuser le trou destiné au parking ... avant de prendre conscience de leur présence souterraine, qui leur redonne, soudain, une réalité dans le domaine des vivants. Le réalisme du présent et la mémoire du passé s'affrontent durement, avec, comme à Clochemerle, un petit parfum de sacristie.

Jean-Paul BOURGÈS 27 septembre 2021

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