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Les traces présidentielles

A toutes les époques et, sous tous les régimes, depuis les Pyramides des Pharaons, jusqu’à notre époque, les puissants voulurent laisser des traces qui emballeraient éternellement et, parfois leur serviraient de tombeau.

A l’occasion d’un récent « événement culturel » à Paris je me suis demandé quelles traces avaient laissé les 8 présidents de la Ve République.

Le Général DE GAULLE ne fut pas un grand bâtisseur, peut-être parce qu’il se considérait lui-même comme un immense monument. Mais il soutint toujours l’action de son seul ministre de la Culture, André MALRAUX, qui entreprit la restauration tous azimuts des monuments historiques à partir d’une loi votée le 14 décembres 1961, et il est intéressant de relire le discours qu’il prononça devant l’Assemblée Nationale où il déclara :

« L'un de vos rapporteurs a fait allusion, timidement et pourtant de la façon la plus noble et la plus courageuse, à une objection que chacun de vous porte en lui-même. Je vais la résumer brutalement : Pourquoi sauver Reims, pourquoi sauver Versailles, plutôt que d'acheter de nouveaux blocs opératoires ? »

puis

« Mesdames, messieurs, nous savons tous que si nous devions choisir, choisir irrémédiablement, entre la vie d'un enfant inconnu et la survie d'un chef d'oeuvre illustre : la Joconde, la Victoire de Samothrace ou les fresques de Pietro della Francesca, nous choisirions tous la vie de l'enfant inconnu. Mais cette question tragique est un piège de l'esprit. Jamais l'humanité n'a été contrainte de choisir et elle ressent invinciblement qu'elle doit sauver l'enfant et les chefs-d'œuvre ».

Cela donna, entre autres le retour de la Conciergerie à son état initial de palais du bord de Seine en la sortant du noir qui l’avait enlaidie pour lui rendre sa lumière et la beauté de ses pierres.

Les traces présidentielles

Vint Georges POMPIDOU, homme amateur de Poésie et d’art moderne. Il voulut doter la France d’un Centre Culturel où les oeuvres et ceux qui les aiment entreraient dans le cadre fonctionnel d'un lieu aussi animé qu'une ruche de l’art le plus récent. Avec son air de raffinerie de pétrole c’est donc très daté années 70 … mais c’est maintenant une composante incontestable de nos monuments où le nombre de visiteurs est considérable.

Les traces présidentielles

Valéry GISCARD d’ESTAING n’eut pas le temps d’inaugurer le TGV, que François MITTERRAND inaugura à sa place il y a 40 ans, mais il n’eut pas non plus le temps d’inaugurer le musée d’Orsay qui était auparavant une gare … dont les quais étaient trop courts pour accueillir les TGV ! C’est bien cependant à VGE que revient et reste le mérite d’avoir voulu la transformation de cette gare désaffectée en musée de l’Impressionnisme.

Les traces présidentielles

Avec François MITTERRAND, seul président à être resté 14 ans à l’Elysée, arriva un homme grand amateur de culture (Son épouse de la main gauche … normal pour un conservateur devenu socialiste … fut conservatrice du musée d’Orsay) qui aimait particulièrement l’architecture ainsi qu’il l’expliqua lors de l’inauguration de la Pyramide du Louvre :

« L’architecture est un art que j’admire. Pour moi, c’est le premier des arts » et il précisa son intérêt pour la culture en disant :

« Je suis de ceux qui croient profondément qu'une politique culturelle est à la base de toute autre politique, qu'il faut que les Français se retrouvent dans leur histoire, dans leur art, leur passé, pour qu'ils sachent mieux avoir l'ambition de leur avenir ».

Ses deux septennats furent marqués de réalisations : La Villette, le Grand Louvre et sa pyramide, l’Opéra Bastille et la Grande Bibliothèque qui porte son nom.

Les traces présidentielles

Lorsque Jacques CHIRAC lui succéda, peu de gens attendaient qu’un lieu de culture soit amené à porter le nom de quelqu’un qu’on connaissait surtout en amateur de la tête de veau ravigote, grand caresseur de croupes de vaches … et d’autres plus féminines.

Il était, pourtant, un amateur éclairé d’art japonais et de tous les arts anciens du monde entier, que l’on qualifie de « premiers ». Il voulut donc ce musée du quai Branly, lui aussi en bord de Seine qui nous permet de voir et comprendre les arts des continents autres que l’Europe … et je vous dois une confidence, moi qui ne suis pas fana de musées, j’adore ce musée où l’esprit peut voguer librement dans cet universel génie de tous les hommes. Quant au bâtiment, son aspect presque aussi peu séduisant que Beaubourg est atténué par l’écrin de verdure qui l’habille et le rend naturel.

Les traces présidentielles

Suivirent deux quinquennats dont j’ai cherché en vain la trace culturelle … mais on me dira que dix ans sans rien … ça repose. Oublions donc les noms des deux présidents inutiles à ce petit récit.

Hélas arriva un nouveau quinquennat pour lequel je marque rarement mon emballement … et, à quelques mois de sa fin, Emmanuel MACRON marque son mandat par une « œuvre » qui symbolise sa présidence dont j’espère qu’elle sera, elle aussi, éphémère.

Pour bien traduire son passage à la tête de l’Etat, il fallait bien que, de façon posthume, un couple qui vivait à New-York dissimule sous une immense bâche en propylène un monument considéré comme un lieu national sacré à l’abri duquel se trouve la tombe du Soldat Inconnu. Le coup est rude pour les statues qui ont dû disparaître à notre vue.

Les traces présidentielles

Merci à Emmanuel MACRON de nous rappeler fort opportunément qu’il se sera contenté de saccager l’héritage du passé dans des choses vaines, coûteuses et laides. Et, pour couronner le tout, la bâche en propylène à 14 millions d’euros (Payés par la Fondation de CHRISTO) n’est aucunement recyclable … car le président ne se soucie jamais du renouvelable … sauf lorsqu’il s’agit de lui-même.

Jean-Paul BOURGÈS 22 septembre 2021

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le président ne se soucie jamais du renouvelable … sauf lorsqu’il s’agit de lui-même.

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A bientôt.
Amitié.
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