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Américains et liberté d’expression

La loi que Gérald DARMANIN a eu du mal à faire voter, malgré un groupe LREM majoritaire et capable de voter les pires énormités si c’est Jupiter qui le demande, la fameuse loi « Sécurité globale » avait l’intention évidente de restreindre les libertés publiques lorsque celles-ci aboutissent à informer les Français de la façon dont est assuré « le maintien de l’ordre ». On se souvient des simagrées et pirouettes pour rédiger autrement un fameux article 24 qui voulait, par exemple, que les journalistes déguerpissent, lorsque la police disperse une manifestation (Il ne faut pas de témoins gênants).

Les Etats-Unis ne constituent pas du tout un modèle pour moi dans de très nombreux domaines, mais, avant le second amendement qui autorise les Américains à s’armer à leur guise, il y eut, bien sûr, un premier amendement qui est une fameuse protection de la liberté d’expression puisqu’il dit : «Le Congrès n'adoptera aucune loi relative à l'établissement d'une religion, ou à l'interdiction de son libre exercice ; ou pour limiter la liberté d'expression, de la presse ou le droit des citoyens de se réunir pacifiquement ou d'adresser au Gouvernement des pétitions pour obtenir réparations des torts subis ».

Américains et liberté d’expression

Ce premier amendement vient d’être le fondement d’une décision, en dernier recours, prise par la Cour Suprême.

Chez nous, comme aux Etats-Unis, il y a des choses qu’il n’est pas bien de dire … même quand on est très en colère.

C’est ainsi qu’une jeune-fille de 14 ans, Brandi Levy, pom-pom-girl de son école de Pennsylvanie, furieuse de ne pas avoir été retenue parmi les pom-pom-girls devant accompagner l’équipe locale de soft-ball, s’était laissée aller à insulter copieusement son école et d’autres choses : « Fuck school, fuck softball, fuck cheer, fuck everything ».

Ses insultes, également publiées sur un réseau social, étaient arrivées aux oreilles de son collège, qui avait décidé de l’exclure définitivement des pom-pom-girls qui représentent le collège.

Vous pensez probablement comme moi qu’être exclu du groupe des pom-pom-girls est une affaire de très moyenne importance et que Brandi aurait pu en profiter pour faire des choses plus intéressantes. Mais ni Brandi, ni ses parents n’acceptèrent cette sanction en disant qu’elle avait bien le droit de dire ce qu’elle voulait … et le collège ne voulant pas annuler sa punition, l’affaire commença un long parcours judiciaire qui, après des appels en cascade, vient de s’achever devant la Cour Suprême qui donna raison à Brandi en se fondant sur le premier amendement et en disant, comme en 1969 où des jeunes s’étaient vu reprocher d’avoir mis, dans leur collège, un brassard de protestation contre la guerre du Vietnam, que les élèves « ne devaient pas renoncer à la liberté d’expression en entrant dans leur collège ».

Certains trouvant étrange que la Cour Suprême se prononce sur une affaire aussi insignifiante, le président de la Cour eut cette phrase magnifique : « … parfois il faut protéger le superflu pour préserver le nécessaire ».

Nous ferions bien de méditer cette phrase pour éviter que la succession des coups de canifs dans les principes républicains finisse par faire de nous, des sujets d’une démocrature.

Jean-Paul BOURGÈS 26 juin 2021

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V
« … parfois il faut protéger le superflu pour préserver le nécessaire ».<br /> <br /> "Qui vole un œuf vole un bœuf" qui vole un superflu vole le nécessaire, je le pense , aussi !!! <br /> <br /> A bientôt.<br /> Amitié.
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J
On est bien d'accord.